Calculer le coût de revient d'un plat, sans se tromper

La méthode tient en trois lignes. Ce qui fait échouer neuf calculs sur dix, c'est une seule erreur : oublier que la facture est en bouteilles et la recette en centilitres.

Mis à jour le 10/08/2026 · 982 mots · par l'équipe Kompt

Le coût de revient d'un plat, c'est la somme de ce que vous avez payé pour le produire. Rien d'autre. La difficulté n'est pas dans la formule — elle est dans le fait que vos factures fournisseurs et vos recettes ne parlent pas la même langue.

La méthode, en trois étapes

1. Le coût unitaire de chaque ingrédient

Pour chaque ligne de facture, ramenez le prix à l'unité dans laquelle vous cuisinez. C'est ici que tout se joue :

Sur la factureDans la recetteCoût unitaire réel
Rhum blanc — 1 bouteille de 70 cl à 14,00 €5 cl par cocktail 0,20 €/cl → 1,00 € par cocktail
Farine — sac de 25 kg à 22,50 €180 g par pâte 0,90 €/kg → 0,16 € par pâte
Huile d'olive — bidon de 5 L à 41,00 €2 cl par assiette 8,20 €/L → 0,16 € par assiette
L'erreur qui fausse tout. Prendre le prix de la ligne pour le prix de l'unité. Une bouteille de rhum à 14 € n'est pas « 14 € le centilitre » — elle est à 0,20 €. Sans le facteur de conditionnement, un cocktail à 1 € de matière première ressort à 70 €, et toutes les marges deviennent absurdes. C'est de loin l'erreur la plus fréquente dans les tableurs de coût de revient.
Le facteur de conditionnement

Ce que la facture dit, et ce que la recette consomme

Sur la facture14,00 €1 bouteille
de rhum — 70 cl
Ramené au centilitre0,20 €14,00 € ÷ 70
= le vrai coût unitaire
Dans le cocktail1,00 €5 cl × 0,20 €
de matière première

Sans la division par 70, le même cocktail ressortirait à 70,00 € de coût matière — et toutes vos marges deviendraient absurdes. C'est l'erreur la plus fréquente des tableurs de coût de revient, et la seule que la lecture automatique des factures supprime.

2. Le coût de la recette

Additionnez les coûts unitaires multipliés par les quantités. Ajoutez les pertes réelles — épluchage, parage, casse — sous forme d'un pourcentage par ingrédient plutôt qu'un forfait global : 3 % sur une bouteille, 25 % sur des légumes frais.

3. La marge et le food cost

Deux indicateurs, calculés sur le prix hors taxes :

  • Food cost = coût matière ÷ prix de vente HT. En restauration classique, la norme se situe entre 25 et 35 %.
  • Marge brute = prix de vente HT − coût matière. C'est elle, en euros, qui paie le loyer et les salaires — pas le pourcentage.
Un plat à 19,50 € TTC en TVA à 10 % fait 17,73 € HT. Avec 7,10 € de matière, le food cost est de 40 % et la marge brute de 10,63 €. Le même plat vendu 22 € TTC passe à 35,5 % de food cost et 12,90 € de marge : deux euros cinquante de prix public rapportent deux euros trente de marge nette de matière.

Pourquoi le pourcentage seul vous trompe

Un café a un food cost formidable — souvent moins de 10 %. Il rapporte pourtant moins d'un euro. Un plat à 40 % de food cost peut rapporter douze euros. Trier sa carte par pourcentage de marge conduit à mettre en avant ce qui rapporte le moins.

Le bon tri croise trois colonnes : la marge unitaire en euros, le nombre d'unités vendues sur la période, et le produit des deux — la marge totale. C'est cette dernière colonne qui vous dit où est réellement votre argent, et c'est presque toujours une surprise.

Marge unitaire, en euros

Le meilleur pourcentage rapporte treize fois moins

Caféfood cost 8 %
0,80 €
Blanquette de veaufood cost 40 %
10,63 €

Le café affiche un food cost cinq fois meilleur. Il rapporte quatre-vingts centimes. Trier sa carte par pourcentage de marge revient donc à mettre en avant exactement ce qui rapporte le moins — c'est la marge en euros, multipliée par les volumes, qui paie le loyer.

Le tableur, et pourquoi il finit toujours abandonné

Tout le monde commence par un tableur. Il fonctionne parfaitement — le premier mois. Puis le prix du beurre change, celui du poisson aussi, un fournisseur passe du bidon de 5 L au bidon de 3 L, et plus personne ne met à jour. Six mois plus tard, le fichier affiche des marges qui n'existent plus.

Le problème n'est pas la méthode, c'est la fréquence de mise à jour. Un coût de revient n'a de valeur que s'il suit vos factures réelles, semaine après semaine. C'est un travail de saisie que personne ne tient dans la durée.

Automatiser à partir des factures

C'est le parti pris de Kompt : vous photographiez la facture fournisseur, la lecture automatique en extrait le fournisseur, les lignes, les quantités et le conditionnement — c'est ce dernier point qui évite l'erreur du centilitre. Les coûts d'achat sont mis à jour, les recettes qui utilisent ces ingrédients sont recalculées, et la marge de chaque plat suit sans que vous saisissiez quoi que ce soit.

Le même moteur en déduit une donnée que peu de caisses savent produire : combien d'unités vous pouvez encore produire avec le stock présent, et quel ingrédient vous bloque en premier. C'est cet ingrédient-là qu'il faut racheter, pas les autres.

À retenir

  • Ramenez toujours le prix facturé à l'unité de la recette : c'est le facteur de conditionnement qui fait la justesse du calcul.
  • Travaillez en hors taxes, des deux côtés.
  • Triez par marge totale, jamais par pourcentage seul.
  • Un coût de revient juste mais vieux de six mois vaut moins qu'un coût approximatif mis à jour chaque semaine.

Vos coûts à jour depuis une photo de facture

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Questions fréquentes

Comment calcule-t-on le coût de revient d'un plat ?

On ramène chaque ligne de facture à l'unité utilisée dans la recette (le prix de la bouteille divisé par sa contenance, par exemple), on multiplie par les quantités de la recette, on ajoute les pertes réelles par ingrédient, et on compare au prix de vente hors taxes.

Quel food cost viser en restauration ?

Entre 25 et 35 % du prix de vente hors taxes en restauration classique. Mais le pourcentage ne suffit pas : un café à 8 % de food cost rapporte moins d'un euro, un plat à 40 % peut en rapporter douze. C'est la marge en euros, multipliée par les volumes, qui compte.

Pourquoi mon calcul de marge est-il toujours faux ?

Neuf fois sur dix à cause du conditionnement. Le prix figurant sur la facture est celui du contenant — une bouteille, un sac, un bidon — pas celui de l'unité que vous utilisez en cuisine. Sans diviser par la contenance, les coûts sont multipliés par dix ou par cent.

Faut-il calculer en HT ou en TTC ?

En hors taxes des deux côtés. Vos achats sont comptabilisés HT et la TVA collectée sur vos ventes ne vous appartient pas : la comparer à un coût HT gonflerait artificiellement la marge.